Montréal...Montréal l'hiver. Ce blanc qui recouvre tout...
Montréal, la ville où même les hommes s'essayent à l'hibernation.
On ne sait plus si on est malade ou si c'est simplement le froid qui fait cet effet. Vous savez...quand on préfère dormir plutôt que d'affronter la réalité. En l'occurrence, les devoirs, le froid, les révisions, la neige, les examens...
Il y a eu l'été pour préparer le départ. Il y a eu les "au revoir" avant de partir pour l'aéroport. Il y a eu la concrétisation de cette nouvelle chance.
Débarquer dans une ville, un pays qu'on ne connaît pas. Une culture nouvelle, un accent...différent. Chercher notre appartement. Découvrir les gens avec qui nous allions partager l'année. Signer les papiers, faire les démarches nécessaires, acheter les meubles, les monter. Se faire à ce nouveau chez soi.
Découvrir l'école, son système, ses locaux, ses professeurs, ses élèves.
S'aventurer dans la ville, sortir, boire, danser, oublier, s'évader.
Et puis les examens approchent et on se souvient pourquoi on est venu, d'où on vient, de quoi on a réussi à se sortir. Tout ceci, pour finalement se rendre compte que l'on retombe dans les mêmes erreurs. Réaliser qu'il ne s'agissait pas seulement d'un passage à vide mais plutôt de notre véritable personnalité. Admettre qu'être parti à l'étranger ne changera pas ce que nous sommes. S'accepter, avec nos défauts et nos qualités.
On commence à se rappeler les bons moments passés en France. Tout ce qu'on a laissé dernière soi dans le but d'avancer.
On tente un bilan. Peser les bons et les mauvais côtés de cette décision.
Alors on se surprend à devenir de plus en plus nostalgique.
On passe des examens difficiles avec le moral presque à zéro, en attendant le retour en France, pour les vacances de Noël.
Et ce moment arrive enfin. On revoit tous nos amis, notre famille, notre ville, notre maison, notre chambre. On se revoit à la même période un an plus tôt.
On apprécie plus que jamais tout ce qui fait le charme de la France: ses plats, ses bons vins, Paris, son ciel gris, ses rues, ses travailleurs pressés.
On fait des choses qu'on aurait jamais faites auparavant. Comme monter dans la grande roue de Concorde. Marcher dans les rues de Paris en pleine nuit, s'arrêter prendre un café dans un bar à 3h du matin et finalement se décider à rentrer. Admirer les derniers scintillements lumineux de la Tour Eiffel juste à ses pieds.
Aller à Paris sans trop savoir pourquoi, juste y aller et décider après.
Tous ces petits détails prennent tellement de valeur que devoir les perdre à nouveau quelques jours plus tard nous rend malade, dans tous les sens du terme...
On se remet en forme juste avant de partir, histoire de laisser une image souriante de soi, une image de quelqu'un qui a apprécié ses vacances.
On revit le dur moment des "au revoir". Et on se dirige à nouveau à l'aéroport...Dans l'autre sens.
On retrouve un autre ciel gris: celui de Montréal.
Montréal...Montréal l'hiver. Ce blanc qui recouvre tout...
Et ainsi de suite...
Les examens approchent. Je n'ai plus le droit à l'erreur et pourtant je m'en permet encore quelques unes.
Se torturer l'esprit rend malade.
Où sera-t-on dans 10 ans? Que sera-t-on devenu?
Peut-être des gens totalement différents. Ou encore d'éternels gamins.
A Montréal, en France ou ailleurs. Encore ensemble ou avec d'autres.
Dans 10 ans, on voudra sans doute revenir des années en arrière. A cette période où rien n'était encore décidé, où tout pouvait encore changer.
Dans 10 ans
j'aurai 30 ans. L'âge d'une femme un peu plus sûre d'elle même. Je l'espère.